REALISATION D’UNE SCULPTURE EN BRONZE: les étapes

  Bien souvent, certains amateurs d’art peuvent s’étonner du prix annoncé d’une sculpture en bronze ne sachant pas la multitude de tâches réalisées pour arriver à ce bronze.

  C’est pourquoi, j’ai pensé qu’il ne serait pas inutile de faire découvrir succinctement les principales phases de réalisation en partant de l’original en terre cuite (ou autre) jusqu’à la patine et au cirage du bronze avant exposition.

  Je ne vous ferai donc pas un cours magistral, je n’en ai pas les compétences, mais simplement une synthèse vous laissant la possibilité d’approfondir vous même le sujet si vous le désirez. J’espère cependant pouvoir compléter à court thème mes écrits par des croquis plus explicatifs remplacés par la suite par de véritables photos

LE MOULE ELASTOMERE DE SILICONE: Pour ce sujet, je vous renvoie à l’article écrit dernièrement sur mon blog.

 

REALISATION D’UN ORIGINAL EN CIRE CREUSE : COULAGE DE LA CIRE : La cire chaude (environ  200° ) est passée par couches successives à l’intérieur des 1/2 moules de silicone ouverts. Cette pratique permet un passage dans toutes les cavités en supprimant tout risque d’enfermement de bulles d’air.

Les ½ moules sont ensuite rassemblés et fixés.

Afin de finaliser la jointure des plans de joint et uniformiser leur surface, on versera une dernière fois la cire liquide à l’intérieur du moule avant de le vider définitivement. La couche de cire atteint alors environ une épaisseur d’environ 4 à 5 mm après refroidissement en fonction de la taille de la sculpture. Nous obtenons alors un original en cire creuse.

RECTIFICATION DE LA CIRE: C’est ici qu’on va reprendre avec précision et minutie les lignes de séparation des plans de joint, rectifier les petites imperfections, boucher les petits trous occasionnés par des bulles d’air ou reprendre la signature du sculpteur.

 

POSE DES SYSTEMES DE COULEE: On va souder à l’original en cire tous les différents systèmes de coulée, eux-mêmes en cire, qui permettront plus tard au métal en fusion de se répandre dans le vide du moule de potée.

Ce système d’alimentation va comprendre le trou de coulée et les jets de coulée composés eux-mêmes par des jets principaux et par des jets secondaires.

On construit ensuite de la même façon le système d’évacuation qui permettra, grâce à la pose d’évents, l’évacuation de l’air et des gaz au passage du métal en fusion.

Au cours de cette étape, on réalise également la pose des broches, sorte de clous en acier, à différents endroits dans la cire. Ces broches seront enfoncées dans celle-ci afin d’atteindre et de maintenir le noyau central coulé à l’intérieur du modèle en cire. Elles dépasseront de cette dernière d’environ 2cm. Sans ces clous, le noyau tomberait au fond du moule et compromettrait toute la coulée.

REALISATION DU MOULE DE POTEE: Plusieurs techniques sont employées par les fondeurs ; une de celles-ci consiste à enrober l’original en cire, équipé de ses jets et évents, par une sorte de barbotine céramique très fine déposée par couches successives ; chaque couche est saupoudrée de grains de chamotte (terre réfractaire) de plus en plus gros.

Cette carapace peut-être ensuite mise dans un cylindre que l’on va remplir à son tour de plâtre réfractaire renforcé de grillage et fil de fer. Le noyau central peut à son tour être coulé avec cette céramique.

Le cylindre est ensuite placé dans un four de décirage pendant plusieurs heures (8 à 10 h) à environ 300°. La cire va s’écouler du four pour laisser un vide à son emplacement. C’est pour cela qu’on l’appelle « cire perdue ». Enfin, pour s’assurer que le moule est complètement débarrassé de cire, on monte une dernière fois la température du four à 700° avant de le laisser refroidir lentement, afin d’éviter tout risque qu’il se fendille.

FONTE DU BRONZE: les cylindres sortant du four encore chauds sont enfouis dans du sable pour permettre non seulement leur maintien mais également pour éviter qu’ils ne se fissurent sous l’effet de la pression exercée par le métal en fusion.

Le bronze composé principalement de 85% de cuivre, de 12% d’étain et d’un pourcentage variable de plomb et de zinc est mis en fusion dans des creusets. Lorsque sa température atteint près de 1230°, on coule le métal dans les orifices laissés vides par la cire fondue.

DECOCHAGE/ EBARBAGE/EBAVURAGE:

Le moule de potée est brisé au moyen de pics métalliques. La future sculpture avec tous ses systèmes de coulée en bronze apparaît alors recouverte encore d’une croûte de potée très dure qui devra être supprimée à la brosse, sablée sous pression et nettoyée à l’eau.

Tous les systèmes de coulée en bronze sont à ce niveau coupés, meulés et les bavures limées.

 

CISELAGE:. Les broches de maintien en acier sont enlevées du bronze occasionnant des trous qui, à leur tour, sont comblés à l’aide d’un poste à souder électrique Mig et de baguettes de métal identiques au métal coulé.

Va suivre alors un travail de précision et d’adresse dit de «ciselage», qui va consister à retravailler les moindres points de la sculpture avec différents outils en respectant les formes originales du modèle.

 

PATINE: La sculpture, une fois poncée, et une dernière fois sablée, l’ouvrier « patineur » procède alors à la patine ; cette dernière consiste à donner une couleur superficielle au métal chauffé en y déposant divers produits chimiques (oxydes, sulfates, acides, etc….) Enfin, le cirage de la sculpture va lui donner tout son brillant.


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